Affiche du "Colloque Proudhon" à Besançon le 29 mai 2009
Ephéméride Anarchiste
29 mai
Li Shizeng
(photo empruntée à la BM de Lyon)
Le 29 mai 1881, naissance de
LI SHIZENG, à Goayang (province de Hebei, Chine).
Militant et pédagogue anarchiste chinois.
Fils d'un haut personnage de la Cour impériale mandchoue, il
arrive en France en 1903 pour y poursuivre des études à
l'école pratique d'agriculture de Montargis, il y restera
trois ans, avant de rejoindre la Sorbonne et l'Institut Pasteur,
où il assiste aux cours de chimie et de biologie. Il
découvre les idées anarchistes qu'il va tenter de faire
partager à ses compatriotes, en créant le Groupe
anarchiste de Paris, qui publiera à partir de juin 1907 un
journal anarchiste en chinois : "Xin
Shiji" (Nouveau siècle). En 1908, il crée une
petite usine de transformation du soja "La Caséo-Sojaine"
à La Garenne-Colombes (près de Paris) dans laquelle il
va faire travailler une trentaine de ses concitoyens, auxquels il va
(avec l'aide de l'enseignant anarchiste Wu Zhihui), donner des sortes
de "Cours du soir". C'est ainsi que naîtra, en 1912, avec
l'appui des nouvelles autorités chinoises le "Mouvement
travail-étude" qui se développera et permettra à
plus de mille chinois de venir étudier en France tout en
subvenant à leurs besoins par le travail et en
bénéficiant d'un cadre d'entr'aide, de
coopération et d'égalité (cher aux anarchistes).
En 1914, Li Shizeng ouvrira le premier restaurant chinois de Paris.
En 1915, il fonde en Chine "La Société du Travail
Diligent et des Etudes Economiques" et en 1916 à Paris, une
école pour les travailleurs chinois. Mais le "Mouvement
travail-étude" rencontrera des difficultés dans
l'après-guerre. Cela poussera, en 1921, les
étudiants-ouvriers à organiser plusieurs
manifestations, dont une Marche sur Lyon, après la
création d'un Institut franco-chinois dont l'accès est
réservé aux seuls étudiants
sélectionnés en Chine. Les autorités
françaises et chinoises craignent une contagion par les
éléments les plus subversifs, et
préfèrent former des élites plustôt
qu'intruire des travailleurs. Les étudiants-travailleurs
occuperont à cette ocassion le Fort St-Irénée
(siège de L'Institut), mais n'obtiendront pas satisfaction et
seront arrêtés, une centaine d'entre eux sera
expulsée. Quant à Li Shizen, il poursuivra son action
pédagogique avec, entre autres, la création de
l'Université franco-chinoise de Pekin, ainsi que de la
Bibliothèque sino-internationale de Genève. En 1945,
après la défaite du Japon, il se fixe à
Shanghaï, et en 1956 s'installe à Taiwan où il
meurt en 1973.
Pour plus d'Infos voir l'ouvrage de J-J Gandini: "Aux
sources de la révolution chinoise, les anarchistes".
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Photos d'Eugène Bizeau jeune et lors de ses
cent ans
(cette dernière étant une photo deJoë
Quilvin)
Le 29 mai 1883, naissance
d'Eugène BIZEAU, à Veretz (Indre et Loire).
Vigneron, poète et chansonnier anarchiste.
Issue d'une famille de vignerons socialistes et anticléricaux,
il découvre très tôt les idées
libertaires. Abonné dès 14 ans à la presse
anarchiste, c'est tout naturellement qu'il y donnera ses premiers
poèmes, qui seront publiés dans le journal
"l'anarchie" fondé par
Libertad.
Sa poésie sociale et révolutionnaire fera les beaux
jours des chansonniers de "La Muse
Rouge". En 1914, Eugène est réformé pour
"faiblesse de constitution", il n'en poursuivra pas moins sa
dénonciation du militarisme, rusant avec la censure et
collaborant à la presse anarchiste dont
"La Mêlée".
En 1921 pour sauver Sacco et
Vanzetti, il exhorte dans
"Le Libertaire" :
"Il faut que notre voix, grondant vers l'Amérique , aille
exiger pour eux justice et liberté"
En 1929 puis 1934 ses poèmes sont mis en musique et
enregistrés, ils passeront même, durant la
révolution espagnole, sur les ondes de Radio Barcelone. En
Auvergne, Bizeau assistera au conflit mondial et à ses ultimes
violences. De retour dans ses vignes et son village natal il y
décédera le 17 avril 1989 alors qu'il allait
fêter ses 106 ans.
En 1980-81 le cinéaste libertaire
Bernard BAISSAT lui à
consacré un film émouvant : "Ecoutez Eugène
Bizeau".
Extrait du poème : Lutter (1979)
"Lutter contre le
joug des maîtres de la terre
Masquant leur dictature en tapageurs discours;
Contre les trublions, les criminels de guerre,
Aigles noirs de haut vol et répugnants
vautours..."
Michele Schirru
Le 29 mai 1931, à
Rome, mort de Michele SCHIRRU, fusillé par les fascistes.
Militant anarchiste et antifasciste italo-américain.
Il naît le 19 octobre 1899 à Padria (Sardaigne).
Autodidacte, il est admis à l'Ecole maritime de la Spezia,
mais est contraint d'interrompre sa carrière en raison d'une
pneumonie. Il s'intéresse aux idées socialistes et
prend part en août 1917 à l'agitation sociale à
Turin, où il sera une première fois
arrêté. Il est ensuite mobilisé durant le
conflit. En juillet 1919 à Turin, toujours soldat, il est
encore mêlé à l'agitation sociale et de nouveau
arrêté, il évite de peu le tribunal militaire. Il
retourne alors en Sardaigne mais, étant au chômage, il
se résoud à émigrer en Amérique.
Après un bref passage à Paris, il s'embarque au Havre
et arrive le 2 novembre 1920 à New-York. Il exerce alors
divers métiers, mécanicien, vendeur de rue, etc. A
partir de 1922, il intègre le groupe anarchiste qui fait
paraître le journal "L'Adunata
dei refrattari" puis se lie avec
Raffaele Schiavina. En 1926, il
acquiert la nationalité américaine et participe
activement à la campagne pour sauver
Sacco et
Vanzetti. Antifasciste, il se
mobilise contre la montée du fascisme et les infiltrations de
la police italienne et envoie des journaux anarchistes à ses
compatriotes. En février 1930, muni d'un visa, il arrive en
France et au cours de divers déplacements rentre en contact
avec les antifascistes italiens réfugiés en France et
en Belgique (où il rédige son "Testament"). En janvier
1931, il part pour l'Italie muni de deux bombes, avec l'intention
d'attenter à la vie de Mussolini. Le 3 février 1931, il
est arrêté dans une chambre d'hôtel à Rome
et tente de se suicider. Jugé le 28 mai 1931 par un "Tribunal
spécial", il reconnaît avoir eu l'intention de tuer
Mussolini, et en donne les raisons.
Déclaré coupable, il est condamné à mort
et fusillé le lendemain matin au Fort Braschi.
En mai 1903, à Santiago du Chili, sortie du numéro 8 (première année) du périodique libertaire "El Faro" (Le Phare). Pas d'autres indications sur la durée de ce journal, ni sur les personnes qui le réalisent.
Le 29 mai 1968, à Paris, alors que le pouvoir semble vaciller et que certains politiciens de gauche s'agitent, la CGT après avoir signé les Accords de Grenelle organise une immense manifestation pour réclamer à leur tour un gouvernement populaire. Le président français ajourne le conseil des ministres et disparaît, laissant planer un doute sur la continuité du pouvoir. Le Général de Gaulle ne réapparaîtra que dans la soirée après s'être rendu dans le plus grand secret en Allemagne auprès des forces militaires françaises stationnées dans ce pays. Il annoncera le lendemain 30 mai, à la radio, la dissolution de l'Assemblée nationale et fera descendre sur les Champs-Elysées une immense manifestation de tout ce que la capitale peut rassembler de réactionnaires, de fascistes ou de simples peureux effrayés par le spectre d'une révolution.
Mais malgré l'annonce d'élections législatives pour la fin juin, la reprise du travail ne se fera que très lentement au cours du mois de juin et sera émaillée par de nouveaux affrontements et la mort d'un lycéen le 10 juin à Flins, et de deux ouvriers le 11 juin à Sochaux.